nuit du 5 au 6 novembre 2011 – 35°47N 010°49 W – 2300H – au large de Tanger



Est-ce la hauteur des crêtes, la pureté de l’air ou le simple coup d’oeil à la carte qui nous fait dire que l’on sent enfin le large depuis le début du voyage ? Comme un déclic, on y est, les amarres sont vraiment larguées et l’on peut se fondre dans l’immensité. Toujours sous voiles très arisées, le bateau trouve sa route, tel un animal, son biais. Le pilote automatique travaille moins, il semble avoir compris le rythme. L’allure est pourtant élevée – toujours au delà de 10 noeuds – mais la mer s’allonge et s’arrondit. Le spectacle est d’une très grande beauté et ne se laisse pas capturer par l’objectif, comme s’il voulait nous réserver cette primeur. Le ciel ressemble déjà à celui de l’alizé, parcouru de petits nuages cumulus charmants. L’air est piquant et il n’est pas encore question de sortir sans veste. Le pont est quasiment en permanence transformé en torrent de vagues qui finissent dans le cockpit et mouillent l’imprudent qui serait nonchalamment sorti prendre le frais. Le cap Saint Vincent, pointe Sud Ouest du Portugal – et de l’Europe – se dispute avec El Jadida au Maroc d’être la côte la plus proche.