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Monthly Archives: novembre 2011

Passage du cap Finisterre

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dimanche 30 octobre 2011 – 0200H
Passage du Cap Finisterre


Et alors, qu’avez vous fait aujourd’hui ? Nous ? On a tiré des bords au cap Finisterre. On tire toutjours des bords au cap Finisterre ! Est-ce un effet de l’âge, une navigation en rappelle d’autres. La toute première fois que je suis passé là – en 1993 – avec le mythique Setra et mon pote Pinky on a même fait demi-tour pour se planquer à Malpica, petit fort de pêche de la côte de Galice. Ensuite ça a été pareil. A la montée, àla descente, toujours au près. Les Sables-Madère par exemple: au près à l’aller comme au retour… Une exception notoire lors de la Jacques Vabre en 2007. Mais quelques miles plus loin on tombait dans une infecte pétole qui nous clouait là, ballottant dans un résidu de vielle houle. L’endroit est plutôt délicat.
Tiens oui, la Jacques Vabre, il paraît que l’on remettrait le départ de demain… J’imagine les conversations sur les pontons. On se réunit à 3 ou 4 devant l’ordi d’un bateau et on joue avec les GRIBS, dans un sens, dans l’autre, on réfléchit, on craint aussi sans trop l’avouer à ses camarades et concurrents. On craint ces barbules rouges vifs de vent contraire, de houle, de pluie. On s’imagine dans son ciré jusqu’au yeux, la main crispée sur la barre, souffrant avec ce bateau né pour glisser qui tombe lourdement dans la vague suivante et vibre de tous ses rivets.
On en appelle aux papes: Christian Dumard, Jean-Yves Bernot et les autres. Ils organisent des réunions, des powerpoints, des briefings. Il faut concilier la sécurité – surtout celle de multicoques – et les impératifs de l’organisation d’une telle course. Et puis, du baston a toujours plu aux médias. Les grandes courses ont forgé leur réputation dans les tempêtes et les drames plutôt que dans les longs bords tranquilles et ensoleillés. Ainsi va la vie…
Et sur ces considérations, nous sommes enfin passé ce p… de cap ! Bonne nuit !

A l’approche de Finisterre

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samedi 29 octobre 2011 – 44°N 009°W
A l’approche de Finisterre !


La moyenne jounalière a sensiblement baissé sur les dernières 24H. De 210 la veille on est passé à 120 aujourd’hui et ce n’est pas faute de se démener: moins y a de vent, plus y a de travail ! La houle est certes mollissante mais ne laisse pas ces pauvres voiles tranquille même quand la pétole s’installe. Au ciel uniformément gris de la journée d’hier a succédé une nuit parfaitement étoilée. Plancton fluorescent, dauphins qui nous escortent et au loin un halo de lumière qui doit être la Corogne et ses faubourgs. On croise quelques cargos qui sortent de la zone de séparation de traffic du Finisterre.
A bord on commence à trouver nos marques. Cuisine, quarts de veille, navigation, bricolages divers, matelotage, sommeil, … deviennent plus fluide, plus évidents. Mais le must c’est ce lever de soleil, avec dauphins. D’un coup on comprend ce qu’on fait là. On sait que c’est forcément juste tant c’est beau. Orange et rouge vers l’Est bleu et gris vers l’Ouest et carrément rose bonbon vers le Nord. La mer est si limpide d’un bleu sombre presque noir. Trop beau pour être vrai !

Gascogne au portant

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vendredi 28 octobre 2011 – 45° 23 N 007° 24 W
Gascogne au portant !


Ah çà du portant, on en a eu ! On quitte Camaret avec un petit vent de Sud-Est léger, on passe la pointe du Toulinguet et on se dirige vers la chaussée de Sein. A peine arrivéà la bouée, c’est parti: le vent tourne de 180° en 3 minutes, ris, gros nuage, trinquette, 25 noeuds forcissant très rapidement à 30 avec de belles rafales. La mer est noire, les crêtes d’écumes bien blanches, très nettes. Le sillage s’allonge, les gerbes d’eau, les longs surfs. La mer est très désordonnée et on se fait quelques jolies déferlantes venues de nulle part, qui nous sautent dessus.
On se relaye à la barre et les estomacs sont mis à rude épreuve: le dîner ne sera pas gastronomique. La vitesse, elle, est encourageante: 12, 15 noeuds, un surf jusqu’à 20… Qu’il est bon de foncer quand on sait que çà mollit derrière. Les nuits sont longues à cette saison… longues, froides et noires surtout quand on est mouillé !
A partir de minuit, la grande houle se calme, le vent mollit. Au lever du jour nous avons largement dépassé la moitié du Golfe mais hélas le vent tombe de plus en plus… Pourvu qu’il revienne vite !

Port de Camaret, aube blême

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jeudi 27 octobre 2011 – Merena, Port de Camaret
A l’aube blême.

Les nuits qui précèdent les départs sont toujours un peu difficile. On est plus vraiment là et pas encore parti. Mais celle-ci est particulièrement dure: il pleut à verse sans discontinuer avec des rafales glacées. Pas un temps à mettre un breton dehors ! Et pourtant il faut y aller. On a une belle queue de dépression, bien forte et bien portante qui nous permettra de traverser le golfe de Gascogne à la vitesse grand V. Mais qu’est-ce qu’il pleut, tout de même ! Ah ce n’est pas toujours facile d’être un héros !!

Incroyable !

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dimanche 23 octobre 2011 – Merena, Port de Camaret
Incroyable !

Quelques miles nous séparaient encore de Camaret. Nous étions presque au Sud du Chenal du Four, près de la pointe St Matthieu. Trois grands dauphins se rapprochent et jouent à l’étrave. Jusqu’ici, rien de très spécial, nous en avons déjà croisé tellement ici et ailleurs… L’étonnement commence quand nous décidons de quitter le chenal et de couper entre la pointe St Matthieu et les rochers des Vieux Moines. Nous sentons de nettes secousses sous le bateau et Antoine, à la barre, m’avertit qu’ils frappent dans les safrans ! Ils s’y mettent à trois pour – de concert – pousser l’étrave et les safrans vers tribord. Le bateau est véritablement dévié de 20 à 30 degrés. Cela dure au moins 20 minutes et ils sont de plus en plus déterminés… Le chenal “normal” est effectivement sur tribord… Qu’en penser ? Nous sommes très impressionnés et perplexes. Veulent-ils vraiment “nous remettre sur le droit chemin” ? Sont-ils venus nous sauver ? Les vieux souvenirs de Moitessier, des légendes séculaires des marins, de (l’excellent) ouvrage de Patrice Van Essel “le Cinquième Rêve” nous reviennent en mémoire… Débarqués à Camaret, nous enquêtons de bars en restaurant racontant notre histoire. L’avis est unanime: “les dauphins avaient quelque chose à vous dire”. Et cela leur semblait tout à fait normal !


 

Manche Express

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jeudi 20 octobre 2011 à 1000UT – Merena, 48°43 N 004°39 W
Approche du chenal du Four à la pointe de Bretagne
Manche Express

190 miles en 24 heures dans la Manche, c’est pas mal… Surtout au bon plein. Accélérations, freinage, ris, pas ris, trinquette, genois, on a pas mal bossé hier après midi et en première partie de nuit. C’est tout sauf monotone. Juste avant le coucher du soleil, Hugues s’écrie: “on se croirait au cinéma” ! Et c’est vrai: arcs en ciel, grains de grèle, lumières rasantes, mini trombe sous un nuage cotoneux, la totale.
Quelle beauté. Ensuite le vent a molli et la nuit s’est dégagée, le ciel remplis d’étoiles. Belle extase avec “River Man” de Nick Drake (que je vous conseille d’ailleurs !). A l’aube nous croisons au loin une belle voile à corne. AIS, VHF, c’est le 60 pieds banque Populaire. Rapide conversation et bonne route. Il va au Havre pour la Jacques Vabre. Souvenir souvenir.
Hélas à l’approche du chenal du four, c’est la molle qui nous attends avec un gentil soleil et un clapot résiduel assez casse pieds… pas grave, on est presque arrivé au pays du cidre et des galettes. Bonne journée !

Soleil et embruns

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mercredi 19 octobre 2011 à 1600UT – Merena, 50°15 N 001°30 W
Soleil et embruns.

Avant l’aube, c’est reparti !
Le vent de NW est frais et piquant mais le ciel parfaitement dégagé, très pur. Le lever de soleil est beau dans les roses orangés. La mer est encore formée du coup de vent d’hier, nous progressons à bonne vitesse au bon plein et le pont est assez humide !
Mais ce n’est pas du près serré, c’est déjà pas mal. En plus, on nous promet de l’adonnante à venir, chouette. Nous sommes au Sud Ouest de l’île de Wight, à 180 miles de la pointe de Bretagne vers laquelle nous nous dirigeons.

Port de Bighton, Habile escale !

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mardi 18 octobre 2011 à 1200UT – Port de Brighton
Habile escale !

Deuxième nuit du tour du monde qui commence dans … un pub de la côte sud de l’Angleterre ! Les conditions météo semblent défavorables pour continuer à faire route. Bien que les services météo soient peu alarmistes, Sylvie nous conseille une escale. Nous sommes devant Brighton et nous rentrons avec Sahona. Bien nous en a pris !

Dès la fin de l’après midi, c’est parti. On fait des quarts amarres et pare-battage. Le vent s’établit à 40 kt de l’WSW pendant la nuit. On est mieux là. Michel, qui avait embarqué à Nieuwpoort pour le départ, doit malheureusement rentrer.
Certes le beton de la marina et les abords style condominum-cité-lacustre-hors saison sont un peu craignos mais les gens sont charmants et les ships chandlers mis à contribution pour les “dernières” petites pièces nécessaires aux “derniers” bricolages ! Mais on ne va tout de même pas passer l’hiver là…

Première nuit, au près…

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Lundi 17 octobre 2011 à 0305UT – Merena, 50°42 N 000°50 E
Première nuit… au près.

Quel cadeau ! Tant de monde sur le quai, aussi tôt matin ! C’était une vraie surprise de vous voir tous rassemblés pour agiter ces fameux mouchoirs. Quand un jour, sûrement, on regrettera la galère dans laquelle on s’est fourré, il suffira de penser à vous qui nous avez portés de vos espoirs et de vos encouragements. Merci merci!

Alors, que c’est il passé après les estacades, quand nous nous sommes perdus de vue et les bateaux accompagnateurs (que je remercie aussi !) se sont éloignés dans le sillage ? Ma foi pas grand chose ! Le vent de SSW s’est transformé en douce pétole et c’est au moteur – et contre courant – que nous avons longé la riviera du Nord, à savoir Dunkerque et ses jolies usines.

Après Port Ouest le vent a réapparu et nous avons commencé à tirer des bords, comme de bien entendu. “Démancher” n’est jamais un exercice de tout repos. On peut dire que le pays nous retient ! La vitesse est assez misérable et pourtant nous sommes pressés, un coup de vent menace pour la nuit de lundi à mardi… Le plan est une escale aujourd’hui lundi sur la côte anglaise. De toute façon, il reste quelques bricolages et matelotages à terminer !

La première nuit en mer est toujours un peu difficile, du mal à trouver le sommeil, à retrouver ses marques et le près serré n’arrange rien … les miles sont grappillés au compte goûte. Vivement les longs surfs de l’Atlantique.

Le grand moment…

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Jeudi 13 octobre 2011
Le grand moment est arrivé: nous partons pour le tour du monde par les trois caps ce dimanche !

Pour agiter votre mouchoir, je vous propose de venir nous dire “au revoir” à Nieuwpoort ce dimanche à partir de 0900H. Les bateaux sont au VVW au bout du ponton C. Comme la météo de la semaine ne semble pas très agréable (vent
plutôt soutenu et très contraire) nous n’allons pas traîner. Nous quitterons donc le quai à 1030H …
Au plaisir de faire ce voyage avec vous,
Bien à vous,
Alexis.