La rêverie du jour pourrait s’intituler “vertige sphérique” ! Comme la terre est ronde, le plus long voyage possible est finalement d’aller là, juste à côté de nous, sur la vague suivante. C’est elle qui est la plus proche et la plus éloignée… Comme celui qui dessine avec son sillage un grand coeur dans l’océan, pas si inutile, puisque c’est joli … et il ne va pas moins loin que nous qui, désespérément, courrons tout droit… en rond. Lançant le débat dans l’après midi à bord, Marco d’ajouter que la vraie sagesse du voyage ne serait-elle pas finalement l’immobilité totale ? Et que dire du vide qui nous sépare de cette autre vague, le monde entre nous ? Dans le vent qui forcit, la mer qui se forme nous rappelle sa bien réelle présence… Lors d’un empannage de la matinée, la bastaque se prend dans la barre de flèche. Heureusement vue, elle n’est pas winchée. Mais l’élastique qui est sensé l’empêcher de se retrouver là, l’empêche maintenant de revenir en place. Marco – encore lui – n’écoutant que son courage, monte à la 2ème barre de flèche dans une mer déjà formée. Mission accomplie et le bateau peut reprendre sa route. La journée grise s’égrène au son de Pink Floyd et quand vient la nuit sa noirceur impressionne. Pas d’étoile, pas de lune. La hune vient remplacer la lune ! On distingue ainsi bien la voile avant qui protège de l’empannage intempestif. Pourvu qu’il fasse beau demain !