La vie du bord s’est organisée. Il faut nous imaginer, le matin, assiette en main faire le tour du pont pour récolter les exocets échoués pendant la nuit, puis enchaîner sur de calmes journées ponctuées de courtes manoeuvres (genak / genois / ris) et de longues conversations à bâtons rompus. Au vu de la position, étrange, pas de soleil, pas de ciel d’alizé si caractéristique, plutôt un gris laiteux et chaud, toujours voilé. Côté cuisine, la barre est haute. Equilibre et savoureux, un vrai plaisir.
Quand on regarde la carte, on est plus ou moins au milieu entre l’Afrique et l’Amérique du Sud. Entre Dakar et Fortaleza, “au milieu de rien”. Un petit concentré de technologie et de d’humanité qui se déplace. Comme un grain de sable sur une plage, quantité négligeable. On imagine un immense zoom qui engloberait tout, où la terre elle-même ne serait qu’un point infime, puis rapprochement très rapide: la boule bleue grandit, on distingue les formes des continents, les océans, agrandissement encore, tel un rapace, un petit point grandit, c’est un bateau… Et si le zoom continuait à la même vitesse ? Nous voilà mais déjà transpercés, bactéries, atomes. Fondu dans le “grand tout”, simple maillon de la chaîne.