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Monthly Archives: janvier 2012

Merena, 18° 21 N 022° 55 W – 0700ut – vendredi 13 janvier 2012

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Nous sommes repartis hier midi de Mindelo sur St Vincent au Cap Vert. Bonne escale. Décidément la gentillesse proverbiale des Cap Verdiens nous a conquis. Pas la moindre agressivité chez eux et, malgré une situation économique plus que précaire, une vraie joie de vivre qui fait bien réfléchir les occidentaux que nous sommes. Nous avions envoyé 2 ris trinquette pour parer aux traditionnelles accélérations dans le canal entre Santo Antao et St Vincent mais non, cette fois il n’y avait rien. Quasiment même trop peu de vent pour avancer raisonnablement. Dans l’après-midi on envoie un coup de spi hélas de courte durée: la pétole s’installe avec une petite houle de travers du plus mauvais effet… Le ciel est couvert mais le plancton bien fluo dans le sillage.
Nous sommes en équipage complet cette fois-ci. 4 quarts de 2 heures et le skipper hors quart. Vacances ! D’autant plus que la nuit est calme, sous génois et GV haute…

Merena, 21° 26 N 021° 24 W – Minuit du 3 janvier 2012.

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Hier gris, aujourd’hui très ensoleillé. Mais même si géographiquement nous avons passé le tropique du Cancer, on reste en ciré complet, les vagues ressemblent à des collines désordonnées et les gerbes d’eau – pas si chaudes – nous agressent de toute part. Le vent est bien monté aussi. Certainement 30 noeuds établis dans la journée. En lofant pour prendre le 2ème ris on s’est retrouvé bien couché ! Un paquet d’eau dans le cockpit a mis plusieurs minutes à se vider complètement. Pas vraiment l’ambiance tropicale ! On vit un peu cramponné et chaque déplacement se calcule …. L’assiette en équilibre précaire sur les genoux, les repas ne s’éternisent pas. On avait pourtant raffiné la cène vespérale: oeufs au lard, salade verte, vinaigrette maison. La côte la plus proche est la frontière entre le Sahara Occidental et la Mauritanie à 250 miles. Il nous reste 340 miles à parcourir pour les îles du Cap Vert et les fichiers météo chargés nous promettent des conditions plus légères pour la suite. Vivement les “pays sucrés doucement” comme dit la chanson ! Je me faisais la réflexion en enfilant mes chaussettes humides au début de mon quart: chaque mer ses plaisirs, et ce n’est pas celui attendu par ici !

Merena, 18° 21 N 22° 55 W – 0300H du 4 janvier 2012

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Moins de 150 miles à destination – Mindelo sur l’île de Saint Vincent. C’est amusant, dans une croisière côtière classique, 150 miles représente “la” grosse étape à laquelle on se prépare, dans une navigation océanique, c’est le moment où l’on se demande où l’on a rangé les pare-battages et les aussières ! Et celui où l’on lit – et relis – les instructions nautiques pour l’approche et le mouillage. J’adore les ouvrages anglais, aux textes émaillés de conditionnels inquiétants: “les fonds pourraient être moindres par endroit” ou encore “il n’est pas rare de subir des rafales de 40 à 50 noeuds dûes à l’effet venturi entre les îles”. Et quoi encore ?! On est pas loin du texte des “disclaimers” qui préfèrent tout annoncer, “comme çà c’est fait” ! De même en ce qui concerne la sécurité, mieux aurait-il valu, finalement, ne pas quitter la Hamble River, où, à la limite l’AberWrach bien qu’on ne sache jamais, avec ces frenchies. Entretemps, comme pour me punir de ces médisances à l’endroit de la perfide Albion, le vent n’a cessé de mollir. Petit à petit on a renvoyé la toile et les vagues toujours présentes malmènent les hale-bas…

Merena, Sud des Canaries, Réveillon de la Saint Sylvestre.

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Minuit est passé. 2359H. Puis une minute de plus. Et çà n’a pas marché ! Nous n’y avons pas cru. On pouvait se demander si le cachalot que l’on avait croisé hier soir savait qu’il vivait sa soirée de réveillon de l’an neuf. Par contre, quand les étoiles se sont mises à luire, la conviction est devenue absolue: tout cela n’est qu’une convention des hommes. La nature ne compte pas, en tout cas, pas comme çà. Une supercherie, certes, mais utile. Pareille à la borne le long de la route, elle mesure le chemin parcouru. Mais surtout elle représente l’occasion, sans que la pudeur n’en soit affectée, de souhaiter le meilleur à ceux qui comptent pour nous. Non pour cette si circonscrite et fallacieuse période d’un an mais pour longtemps.