Belle nuit que cette première nuit de mer pour Bruno et Léopold ! Lune, vent régulier et travers, étoiles. A minuit il fait encore 27° dans le bateau et l’air est extrêmement doux.  Nous avons quitté Recife à midi, ravi de reprendre la mer après une escale en demi teinte.  La ville est énorme. Vue du large les promoteurs de notre côte belge ont encore des progrès à faire: çà c’est du béton !  Non pas sur une ou deux couches comme chez nous mais à perte de vue dans tous les sens. Et quelle hauteur, à l’américaine. La ville s’est tant étendue qu’elle a rejoint une autre ville, Olinda, plus au Nord. Signifiant littéralement “Oh ma belle !”, il est vrai que c’est joli: rues pittoresques, façades colorées. Mais, sans vouloir faire l’européen blasé, n’importe quel village toscan ou andalous est certainement plus élégant et rafiné… Olinda est par ailleurs très réputée pour son carnaval, qui vient de se terminer.  Et cela se confirme: je n’aime pas çà !  Une foule dense, un bruit assourdissant, une musique de fanfare aux basses bestiales qui vous secouent les tripes. Du monde partout: on a envie de soudain tendre les bras pour se créer un périmètre d’espace vital. Cette liesse est décidément trop envahissante à mon goût.  Il était alors agréable de se retrancher dans le calme désuet du Yacht Club aux pelouses bien tondues, au personnel nombreux et affable et au charme de fin d’empire britannique.  Peu de bateaux, peu de mouvements. Il s’agit plus d’un “social club” réserve à la bonne bourgeoisie de Recife. L’accueil y était charmant et nous laissera un bon souvenir.