La porte s’ouvre.
Une sérénité perceptible s’est enfin installée à bord. Nous sommes enfin “entrés en mer” comme on entre dans un vêtement ample et confortable. La porte était verrouillée, nous savions avoir la clef sans la trouver immédiatement. A nouveau on peut voir des animaux ou des visages dans les petits nuages blancs éclairés par la lune. Ce matin, l’air est d’une douceur si parfaite, la lumière et la couleur si délicieuses qu’il faut les partager, c’est est trop pour nous seuls ! Le soleil se lève pendant que la lune se couche, aujourd’hui ils se rencontrent dans ce ballet du temps, du temps cosmique si lointain et si proche de nous. Il est notre mesure ultime et notre seul luxe. Même doux, il est compté, hors de prix, il est le vrai prix de la vie. Le prendre ou le donner mais ne pas le gaspiller de la plus ville manière: attendre.

PS. Au gré des lectures de la nuit, un scoop: Baudelaire a du aller traîner sur la plage d’Ipanema, jugez plutôt:

“J’aime le souvenir de ces époques nues,
Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues.
Alors l’homme et la femme en leur agilité
Jouissaient sans mensonge et sans anxiété,
Et, le ciel amoureux leur caressant l’échine,
Exerçaient la santé de leur noble machine.”

Les fleurs du mal, spleen et idéal, Correspondance, V.