On était presque heureux de partir au tas par deux ou trois fois cet après-midi sous GV haute et genaker ! Des manoeuvres, des réglages, on joue du winch et du chariot pour trouver l’équilibre. On accélère. La vitesse est enfin plus conforme au bateau et à l’endroit ! Les embruns claquent, on a enfilé le ciré – çà faisait longtemps ! Il a du retour cet océan. Alors que le grib annonce un modeste 15 noeuds, on a de belles accélérations sous les formations nuageuses. L’océan se racle la gorge, il ne faudrait pas qu’il s’enrhume. La nuit est tombée et le bateau attaque maintenant au bon plein, bien puissant, sous trinquette et GV au 1er ris, ballasté. Des gerbes d’eau éclairées par la lune se brisent sur l’étrave. Un soir antillais, au mouillage avec mon vieil ami Freddy, comme tous les marins du monde on parlait bateau un verre de rhum à la main. Et lui, doctement comme à son habitude, de déclarer: “le meilleur bateau ? C’est celui où le skipper est heureux.” Quel bon bateau alors ! Que d’aventures depuis cette terre bretonne qui l’a fait naître. Une pensée émue pour ces bretons qui l’ont dessiné et construit, si bien.