Quand le vent revient…

La mer nous avait été lourde depuis quelques jours, depuis le passage du front.  Dans le vent contraire, chaque mile est laborieux et frustrant: lorsque l’on avance on est miné par l’idée de ne pas aller dans la bonne direction.  On est dans le contre-nature, dans l’illogique, dans le pervers en ce qu’il a de contraire à la nature et à son souffle.  Puis, hier, tout c’est progressivement arrêté, le vent, les vagues et notre pauvre mouvement.  On tente désespérément le moteur, dérisoire et bruyant, il sauve l’apparence quelques heures.  La contrainte du carburant comme celle de la vanité – à la manière de celui qui voudrait écoper la mer – pousse à son arrêt. On affale, on éteint les instruments.  L’objectif chéri de la destination s’estompe et naît alors une curieuse jouissance du non mouvement dans l’absolu de l’immensité. Les heures passent plus lentement.  On est fondu dans l’infiniment paisible.  Pourquoi le vent reviendrait-il ?  Si tout restait en l’état, pour toujours ?  Puis, imperceptiblement, le voilà.  Bruissement léger. On sent monter une ferveur tel un chant dans une crypte.  Les manoeuvres sont souriantes, les voiles se gonflent. Il est facile, frais et naturel.  Le bateau, comme l’oiseau décolle, d’abord pataud et malhabile puis confiant et heureux, repart.  L’objectif n’est pas encore revenu, il n’y a que le plaisir sensuel de l’eau qui chuinte et glisse sur la coque.  Le plaisir naît de l’absence de peine.

PS.
Cher Lecteur,
Ce week-end – espérons ! – nous arriverons en Afrique du Sud, pays dans lequel nous n’avons jamais mis les pieds et qui semble plein de promesse… J’ai pour vous une petite demande: avez-vous des parents ou amis qui y habitent ?  Expats ou natifs, voyageurs ou sédentaires, … Il est si chouette en effet d’aborder une côte où l’on connaît déjà quelqu’un.  Au Brésil, par exemple, ce sont les rencontres de Marie-Laure et ses amis et d’Anne-Catherine et sa famille qui nous ont particulièrement comblés…  Bien sûr, les rencontres de hasard sont merveilleuses aussi mais où il est-il écrit qu’on ne puisse un peu lui forcer la main ?  De même si vous avez séjourné dans ce pays – et spécialement dans la région du Cap – toute expérience ou bon tuyau sont les bienvenus !  Merci d’avance !
alexis@sailaway.be