Quelle violence !

La nuit dernière a été parsemée de brèves et violentes rafales pour se terminer par un passage de front extrêmement pluvieux.  Le ciel nous est tombé sur la tête !  Par contre, derrière le front, miracle, c’est relativement calme: on se sèche, on revoie de la toile, on allume le chauffage, on déjeune des deux derniers oeufs traçant déjà une route droite et sans problèmes vers le Cap… Hélas, une heure plus tard, un grain fond sur nous. La mer blanchit, les crêtes des vagues sont soufflées à l’horizontal sur une dizaine de mètre.  Hélas, ce n’est pas un grain, finalement.  Le soleil revient, généreux, mais le vent reste aussi fort… Sous 3 ris dans la grand voile, 1 dans la trinquette,
ballaste chargé, au bon plein, on prend des coups de gîte impressionnants, la bôme n’est parfois pas loin de l’eau. Le pont est balayé par d’énormes paquets d’eau toutes les 40 secondes environ. La lumière du soleil se reflète dans chacune des petites facettes des vagues et la mer est d’un bleu profond. Au ciel des petits cumulus, tout blancs et tout rond qui défilent à bonne allure. Au moins, c’est très joli! La phrase d’un vieil ami coureur au large me revient: “si tu n’arrives pas à dormir, c’est que tu n’es pas assez fatigué!”.  Pourtant ce sont des conditions où le marin a du mal à fermer l’oeil et le fichier météo nous en donne jusqu’à demain midi… Il y a quelques années, lors d’une interview de plusieurs régatiers l’un d’eux raconte un coup de baston qu’il a vécu avec moultes superlatifs. Le regretté Sir Peter Blake se tourne alors vers lui et avec son flegme légendaire: “don’t you like sailing, do you ?”