A l’arrêt.

La position ci-dessus n’a pas varié depuis plus de 12 heures.  A l’arrêt complet.  Il reste 550 miles. Plus de vent du tout et un peu de clapot. On a tout affalé pour ménager ces pauvres voiles dans le roulis. Pour parfaire le tableau, une pluie intermittente et de la bruine.  Pas normal ces traversées océaniques ou l’on s’arrête une demi journée tous les deux jours !  D’autant plus incroyable que dans quelques heures, d’après le fichier météo, nous aurons 25 à 30 noeuds modèle – c’est à dire souvent pas mal plus.  Nous devrions tenir ce vent jusqu’au bout. La fin de la traversée sera sans aucun doute très “sport” et sûrement un peu éprouvante. La dépression passera juste dans notre Sud. Ce sera notre premier vrai coup de vent du grand Sud. Par ailleurs, du vent sera bienvenu car il est temps d’arriver. Nous avions prévu 22 jours de mer. Entre pétoles et vents contraires, les moyennes ont été très basses. Finalement peu de jours de bon vent portant et régulier comme on est en droit d’attendre sur ce parcours.  Ceci rappelle, si c’était encore nécessaire, qu’en mer on est “en droit” de rien du tout. Il reste 15 litres de fuel, 12 litres d’eau minérale (plus un bidon de sécu), quelques boites de conserve (les moins bonnes, évidemment !), des soupes en sachet brésilienne, du riz, des haricots blancs, des pâtes et de l’huile d’olive.  Mets de l’huile, faut qu’çà glisse…