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Merena, jeudi 23 février 2012 – au Iate Clube de Rio de Janeiro

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Déjà plus d’une semaine que le Merena est amarré à une bouée du Iate Clube de Rio de Janeiro… Plus l’escale se prolonge et plus il est dur de décrire les sentiments que l’on en a !  L’opinion devient trop complexe et il faut se référer à la “virginité de l’accostage” !  Une entrée dans la baie de Guanabara à l’aube dans la pétole: pain de sucre, Corcovado, immeubles à perte de vue, favelas accrochées aux morros: fabuleux.  Jusqu’ici le Brésil n’avait pas été facile – urbanisation démesurée à Recife, quasi guerre civile à Salvador et amarrage compliqué à cause du tirant d’eau à Vittoria – et nous arrivions avec un esprit très critique dans la ville.  Il aura fallu deux femmes de chez nous, une belge et une française – Anne-Catherine et Marie-Laure – pour nous ouvrir la porte et nous faire découvrir la magie de la “Citade Maravilhosa”.  Plus brésiliennes que les brésiliennes, elles ont compris et aimé cette ville et leur générosité nous a guidé…

Rio s’apprécie à la découpe !  Une juxtaposition de quartiers aussi différents que séduisants, une circulation facile et une sécurité très raisonnable.    Le “downtown” a des faux airs de New York en été avec des larges trottoirs où les costars croisent les tongues, où les façades coloniales délabrées et envahies par la végétation jouxtent les buildings ultramodernes.  Il y a aussi Santa Teresa, ancien quartier chic et bohème, le Montmartre local, Urca, le village dans la ville où il est doux de cheminer sur le malecon en regardant les cormorans pêcher… Puis il y a le zoo: Copacabana, Ipanema, Leblon.  La plage est longue et belle mais l’attraction principale sont les corps parfaits des cariocas qui s’exhibent en prétextant quelque activité sportive ! Tous les 500 mètres, il a un poste de secours avec une petite tour, chacun avec un numéro. Tout le monde connait et respecte le sien: le 10, les familles, le 9, les jeunes, le 8 les gays, …
Alors seulement nous sommes montés par le vertigineux téléphérique sur le pain de sucre et nous avons compris : Rio s’étend à l’infini et nos modestes découvertes et certitudes ont été balayées !  Tout est grand, tout se conçoit en masse: la cathédrale à 20.000 places, le stade de foot 120.000, le Sambodromo 72.000…

Et pourtant l’on se sent bien !  Est-ce parce que Rio a été la première capitale sud-américaine d’un pays européen ?  (En effet, pour échapper à Napoléon, le roi du Portugal s’y installa avec sa cour et en fit sa capitale !).  Est-ce parce que les habitants sont jeunes, cosmopolites, dynamiques ?  Parce que le climat est parfait ?  (un peu chaud en début d’après midi tout de même !)

Et puis il y a le carnaval ! … Véritable concentré d’énergie pure.  Il est partout pendant cette semaine que les Cariocas préparent toute l’année.  Les “blocos” sont des rendez-vous pour des fêtes de rue.  Pas de déguisements extravagants (diables, chats, mickey, schtroumpf, …) mais une furieuse envie de rire, danser, chanter dans le bruit de la foule. Les participants sont jeunes – voire très jeunes – et l’ambiance y est vraiment bon enfant.  Puis il y a le Carnaval, le Grand.  Ici pas d’amateurisme, c’est un spectacle à l’organisation parfaite.  On croit rêver.  Chaque école de samba compte entre 3 et 5000 participants et va défiler pendant 80 minutes dans le Sambodromo.  Ca commence à 21h et la dernière école se lance à 05h du matin…  Les costumes sont affolants, les chars gigantesques.  Dans les gradins c’est l’extase : tout le monde entonne en coeur les paroles des sambas, toute la nuit !  Et ils remettent çà trois jours durant !!  Plus que de l’énergie, c’est de la foi.

C’est sans doute grâce à cela que le miracle de Rio peut vivre… Comment faire co-exister aussi proche les super-riches qui se déplacent en jet privés et en hélicoptère et les habitants des favelas, adossées aux quartiers chic ?  Certes, on parle d’opérations de “pacification”, c’est à dire l’entrée dans les favelas de brigades spéciales de police avec des écussons représentants des têtes de mort à côté de leurs galons.  Les pauvres de ces quartiers dénoncent facilement les truands aux “pacificateurs” et ils sont sommairement abattus…  La vie n’a pas tout à fait la même valeur ici…  le Brésil n’est-il pas le dernier pays du monde à avoir condamné l’esclavage ?

Ceci dit, le miracle existe bien et il est vraiment perceptible.  Sur la plage, dans les rues, dans le Sambodromo, la beauté physique, le sourire, la décontraction compense la pauvreté matérielle.  La beauté serait-elle donc plus forte que l’argent ?  En tout cas, bras ouvert, le christ rédempteur veille indifféremment sur tous les cariocas…

Merena, 22° 33 S 41° 20 W, lundi 13 février 2012, 1300TU

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“Surdus”
La pétole, çà fait penser… Depuis cette nuit nous sommes tombé dans un grand trou de vent avec une houle résiduelle bien agaçante.  Pourquoi diable faire le tour du monde ?  Le docteur avait posé en ces termes la question pendant la transat: “est-il plus important de faire le tour du monde ou de l’avoir fait ?”  Bonne question, doc.  A ce propos, le plus important est bien sûr de poser les bonnes questions certainement plus que d’y répondre !  Non pas pour ne plus chercher mais disons que dès qu’on aura trouvé, il sera temps de rentrer !  La question renvoie au sens même de toute activité.  La voile au large a ceci de particulier d’être celle qui présente (à première vue) le moins d’utilité, justement… Donc, mettons que si on a résolu celle-là, on les a toutes résolues !!  Dans son ouvrage sur les rapports entre les hommes et les dauphins, Patrice van Eersel a une jolie phrase: “le mot absurde vient du mot latin surdus qui veut dire sourd.  Dire que le monde est absurde équivaut à dire “je n’entends pas le monde” mais ne qualifie en rien le monde lui-même.” Il a sûrement raison.  Le contact fréquent et durable avec la nature prédispose à (re)trouver du sens.  Nous sommes tellement coupé d’avec elle. Ce ne peut être une coïncidence.  Bien sûr il a fallu la dominer cette nature, se battre contre les animaux, les conditions climatiques, les catastrophes naturelles mais maintenant que c’est (presque) fait, il faut lever le pied.  La nature n’a probablement pas de conscience ni de volonté mais on a ce sentiment animal, qui vient du plus profond de nous: “elle va se venger”.  On imagine une vengeance complexe.  A la fois brutale et spectaculaire (tsunamis, météorites, …) mais aussi insidieuse quoique tout aussi implacable (maladies, dégénérescence).  Bon, le vent revient, allons renvoyer de la toile… la punition n’était pas pour ce matin.

Merena, 20°08 S 039° 03 W, 0400TU, samedi 11 février 2012

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L’avion a gagné ! Les routages de Maxsea que nous faisons tourner à chaque chargement de nouveau fichier GRIB sont unanimes: pour que Valérie puisse décoller dimanche soir de Rio de Janeiro, le moins qu’on puisse dire c’est que ce sera “skerp”, comme on dit chez nous.  Nous nous déroutons donc vers Vitoria, capitale de l’Etat de Espiritu Sancto, deuxième port minéralier au monde qui, d’après la photo des instructions nautiques, peut être fier d’une autre belle concentration de gratte ciel.  Ah ces brésiliens ! Ils doivent vraiment les aimer ces downtown de béton, ces tours de logements à perte de vue.  Il doit s’agir d’un symbole de modernité et de prospérité.  Le tableau promet: énormes cargos minéraliers chargés des émeraudes du Mina Girais sur fond de grues girafes et de buildings gigantesques… Du Zeebrugge puissance 10.
Le vent a considérablement forci ces dernières heures et nous naviguons maintenant sous génois et un ris, toujours au grand portant. La nuit est claire et nous commençons à croiser des bateaux.  Petit caprice brésilien: ici, c’est du dernier chic de remplacer les feux de
navigation par un clignotant blanc rapide, façon cardinale Nord ! Pour le moins déroutant pour nous, marins si attachés aux règlements et aux prescriptions internationales…

Merena, 17°10 S 037°58 W , vendredi 10 février 2012, 0100H TU

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Nous sommes en pleine course contre … un avion ! En effet, Valérie rentre de Rio dimanche soir et il reste maintenant 520 miles à parcourir. Ça va se jouer à pas grand chose… Hélas, aujourd’hui était une journée de voile en demi-teinte : vent mollissant et adonnant, houle de travers, soleil implacable.  On attendait le grain pour rafraîchir l’atmosphère et il est venu.  De la bonne pluie tropicale, dense et efficace.   Nous longeons toujours la côte du Brésil à distance raisonnable afin de ne pas naviguer dans les profondeurs inférieures à 2-300 m pour ne pas risquer de mauvaises rencontres avec la pêche.  Nous avons eu droit à  un coucher de soleil élégant, de belles étoiles avant le lever de lune.  Nous avons troqué le spi pour le genaker pour la nuit qui s’annonce plus difficile que la précédente: ces belles formations nuageuses vont sans aucun doute nous obliger à des réveils subits…
Alors, vite, au lit, tant que çà roule peinard !

Merena, 12° 11 S 37° 03 W – 0805ut, vendredi 3 février 2012

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17 – 32 – 46.
Il ne s’agit pas des mensurations d’une bimbo, ni des azimuts entre trois waypoints, ni même de la commande des plats dans un resto chinois, non, ce sont les âges des trois générations qui composent l’équipage de cette traversée.  Trois stades, trois époques de la vie qui font réfléchir au temps. On essaye des débats variés (par exemple: l’écologie sauvera-t-elle le monde ? le grand amour existe-il ? Quel est finalement le sens de la vie ?). Pour le moment avec des résultats mitigés. Difficile de concilier la pudeur de la jeunesse et la curiosité de l’âge mûr.
Ah les fréquents carrefours de la jeunesse !  Vertige de ce qui aurait pu être et qui n’a pas été… Où une seule personne, une seule rencontre, un seul instant peut tout changer.  Vieillir serait comme mieux percevoir des embranchements moins fréquents ! C’était alors les années où tout se décide sans que l’on s’en rende compte.
A cette époque le passé n’existait pas encore et n’avait aucune valeur, la densité se concentrait dans le présent.  Et c’est finalement ces années là, pourtant, que l’on veut inlassablement faire renaître.  Ouvrir enfin la porte de “l’Eternel présent”.  Refaisons les conjugaisons ! J’aime assez “Passé composé”, par exemple… comme une salade.  N’est-il pas une construction mentale à posteriori ?  Peut-on l’aménager à sa guise, ce passé ?  Il nous appartient bien, tout de même ?!  On a le droit d’en user, d’en abuser, de le tordre pour le faire entrer dans l’image, celle qui nous plaît, maintenant.  Tout est à nous.  Les lieux, les personnages, leurs mots et les nôtres.  Nous avons tout pouvoir, enfin.  C’est notre force sur  la jeunesse achevée. Cette histoire est la nôtre.
Allez-y !  écrivez-là comme bon vous semble, personne n’aura rien à dire, elle est à vous.  La meilleure garantie de cette impunité à la modifier ? C’est que tout le monde s’en fout !
Pendant ce temps, le bateau glisse, peinard. Les miles défilent facilement, la lune fait briller la mer et quelques dauphins nous rendent visite.  Nous arrivons dans la soirée à Salvador de Bahia, sorte de retour quatre ans plus tard, après l’arrivée de la Jacques Vabre. Les choses auront-elles changées, là-bas ?

Merena, 10° 06 S 035° 09 W, 0815ut – jeudi 2 février 2012

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Belle nuit que cette première nuit de mer pour Bruno et Léopold ! Lune, vent régulier et travers, étoiles. A minuit il fait encore 27° dans le bateau et l’air est extrêmement doux.  Nous avons quitté Recife à midi, ravi de reprendre la mer après une escale en demi teinte.  La ville est énorme. Vue du large les promoteurs de notre côte belge ont encore des progrès à faire: çà c’est du béton !  Non pas sur une ou deux couches comme chez nous mais à perte de vue dans tous les sens. Et quelle hauteur, à l’américaine. La ville s’est tant étendue qu’elle a rejoint une autre ville, Olinda, plus au Nord. Signifiant littéralement “Oh ma belle !”, il est vrai que c’est joli: rues pittoresques, façades colorées. Mais, sans vouloir faire l’européen blasé, n’importe quel village toscan ou andalous est certainement plus élégant et rafiné… Olinda est par ailleurs très réputée pour son carnaval, qui vient de se terminer.  Et cela se confirme: je n’aime pas çà !  Une foule dense, un bruit assourdissant, une musique de fanfare aux basses bestiales qui vous secouent les tripes. Du monde partout: on a envie de soudain tendre les bras pour se créer un périmètre d’espace vital. Cette liesse est décidément trop envahissante à mon goût.  Il était alors agréable de se retrancher dans le calme désuet du Yacht Club aux pelouses bien tondues, au personnel nombreux et affable et au charme de fin d’empire britannique.  Peu de bateaux, peu de mouvements. Il s’agit plus d’un “social club” réserve à la bonne bourgeoisie de Recife. L’accueil y était charmant et nous laissera un bon souvenir.

Merena, à Recife, Pernambuco, Brésil – vendredi 27 janvier 2012

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Ce n’est pas coutume mais c’est à mon équipage que s’adresse aujourd’hui ce billet, une forme d’épilogue de cette délicieuse traversée… Le Merena est bien amarré au Cabanga Iate Clube de Recife (et dans la vase à chaque basse mer, d’ailleurs).
La première transat du voyage est maintenant dans le sillage. Ces quelques mots pour remercier et féliciter l’équipage de choix avec lequel j’ai eu le plaisir de naviguer ces dernières semaines.
C’est à 4 heures du matin, réveillé par un grain aussi subit que violent, quand il faut se lever dare-dare pour manoeuvrer que se marque le mieux la grandeur d’âme. Fred a déjà une main sur la drisse l’autre sur l’écoute, Marco s’équipe sérieusement, prêt à tout endurer, le docteur explique le développement vertical du nuage et Mireille, inlassablement souriante et enjouée, propose déjà une carte de boissons chaudes.  J’aime cette ambiance de cirés trempés, de visage hagards, de faisceaux de lampes frontales, de détermination sans faille. Pas de faux semblants, pas d’excuses. Tous au service du bateau, tous au service de tous. Leur motivation est ma récompense. C’est même la mesure  de cette aventure, sa finalité.
Toute traversée est une aventure. Elle repousse plus loin les limites de chacun et fait naître une sorte de compagnonnage de boy-scouts. Ah, elles vont bien me manquer les facéties joyeuses du docteur, la bonne humeur légendaire de Mireille, l’humour raffiné de Marco et la bienveillante présence de Fred… Merci à vous pour cette belle aventure, et espérons qu’il y en ait bien d’autres ! Avec un tel équipage on irait bien au bout du monde. Et çà tombe bien, on y va !

Merena, 5° 16 S 32° 59 W – mardi 24 janvier 2012 – 2300ut

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De retour en mer après 36 heures d’escale. Alizé du Sud Est soutenu, vent de travers et embruns sur le pont cette nuit.  Nous devrions atteindre Recife la nuit prochaine. L’équipage est unanime: Fernando de Noronha est une belle escale, accueillante et isolée à souhait. Un mouillage un peu rouleur, parmi les barques de pêche, au pied de la jetée et sous le piton, véritable symbole de l’île. Notre manque d’annexe nous pousse vers les îliens plus serviables et désintéressés qu’on l’on puisse l’imaginer. Les formalités sont longues et nonchalantes. On se salue. On se sourit. On est assis et eux debout !
L’immigration brésilienne, la douane, la police militaire, les représentants de l’Etat du Pernambuco, la Marine Nationale, le conservateur du parc naturel, les officiers du port défilent devant nous. Autant de cachets, autant d’uniformes et de bienveillantes
poignées de main.
Buggy vert pomme, tongues, crème solaire et petits sac à dos, les coureurs d’océans se transforment en touristes.  Pas grand monde sur cette île. Un tout petit village, une belle piste d’aviation en dur, d’admirables points de vue. Ici,  il ne pleut pas souvent et la végétation fait ce qu’elle peut. D’arbustes épineux en buissons desséchés, on visite. Quand soudain, au détour d’une piste poussiéreuse apparaît LA plage: piton rocheux en mer, sable fin et blond, énormes rouleaux. Un vrai décor de James Bond.  Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils exposent au soleil redouté leurs corps parfaits et leurs tatouages colorés.  Ils marchent nonchalamment, la planche de surf sous le bras, suivis par les yeux noirs de ces fameuses brésiliennes aux courbes aussi admirables que généreuses.  Ils rient de toutes leurs dents applaudissant les sessions de leurs potes qui glissent de tubes en crêtes.  On se rappelle alors les visages livides et pressés des passants du centre ville, alors que les réverbères viennent de s’allumer et que la pluie fine de novembre s’est remise à tomber. Non, Monsieur Aznavour, il ne semble pas que la misère soit moins pénible au soleil, c’est une certitude.

Merena, 2° 39 S 31° 31 W – dimanche 22 janvier 2012 – 0745ut –

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La vie est bien faite. Comment nous faire oublier rapidement cette horrible pot au noir ? Facile: Alizé du Sud-Est soutenu, bon plein, ballasté, mattossé, à fond. Le bateau vole dans la nuit et la barre est douce. Devant nous, bien droite sur l’horizon, la croix du Sud. Depuis hier midi nous avons le mord aux dents, objectif : arriver avant la nuit à Fernando de Noronha et, si tout se maintient, ce sera chose faîte dans quelques heures.  Quel plaisir de faire de la voile !  Hier soir, naturellement, on s’est tous retrouvés dans les filières pour optimiser encore… Normal en course, merveilleux en croisière ! Cela illustre bien l’engagement et le plaisir de l’équipage de naviguer sur ce formidable bateau.  Réglages fins, longues heures de barre, plus vite, encore plus vite… Dans quelques heures nous verrons apparaître la belle silhouette de l’archipel de Fernando avec ces pics qui nous avaient tant émus lors du passage pendant la Jacques Vabre.  C’était à l’aube du 23ème jour de course et la lumière sur la première côte depuis Ouesssant était superbe. On s’était juré de revenir hors course pour pouvoir s’y arrêter.

Merena, 0° 17 SUD 30° 18 W – 0900ut – samedi 21 janvier 2012

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Et oui, depuis 07H TU ce matin, c’est fait, l’Equateur est franchis ! Nous voguons maintenant le tête en bas !  Ambiance comparable à celle d’un réveillon : tous les yeux rivés sur l’écran du GPS pour voir enfin apparaître le 00° 00′. En plus, au moment du passage, les grains nous ont laissés en paix et nous avons pu faire péter la bouteille de champagne judicieusement apportée par Mireille. Délicieusement tiède !
Nous naviguons maintenant en été.  Et comme l’a fait remarqué le docteur, l’hiver était très clément, l’été est un peu frais… Y a plus de saison. Deux oiseaux ont passé la nuit sur le pont, ravis de pouvoir se reposer. Les tentatives pour les nourrir furent vaines et ils sont repartis avec l’aube. Il reste maintenant moins de 250 miles pour Fernando de Noronha et le vent semble s’être enfin levé !